Navigo, Louis Douillez

Navigo

Louis Douillez

2022

produit par l’ENS Louis-Lumière
et Les films du quart d’heure

Après avoir passé la nuit avec un garçon pour la première fois, Lazare doit faire visiter Paris à Lola, la petite soeur de sa copine, débarquée à l’improviste.

Il fait beau dans la plus belle ville du monde,
Valérie Donzelli

Serge Bozon, sous-pull en cachemire – « à 7 fils, les plus solides » -, veste en velours et lunettes de soleil (déjà) véloces, subit ses allergies estivales et les chiures des pigeons pendant son rendez-vous amoureux avec la Reine des pommes, défenseuse lunaire des colonnes de Buren qui ne fait pas semblant d’être enceinte Elle lui sauve la mise – et le velours – en grattant l’excrément du volatile avec un ticket de métro, et lui achète un t-shirt I <3 Paris pour qu’il arrête de transpirer. Le cinéma parisiano-touristique à son apogée.

French Kiss,
Antonin Peretjatko

La première fois qu’une amie m’a montré La fille du 14 juillet, j’ai détesté. Mais c’est comme les histoires d’amour chez Jane Austen : on finit par tomber amoureux de celui qu’on déteste. Maintenant, je connais le film par coeur, et la Peretjatkanie comme si j’y habitais. Goût prononcé pour le dytique de courts-métrages qui visitent la ville à toute allure French Kiss & Paris Monopole (il y a 20 ans!) où naquit la stratégie du maître : « Si un gag ne marche pas, ça ne fait rien si le suivant arrive 10 secondes plus tard. »

Une histoire d’eau,
Jean-Luc Godard et François Truffaut

Truffaut filme mais n’aime pas le résultat. Godard récupère les images, monte et écrit le commentaire. Le résultat-bis : deux comédien.ne.s qui déambulent pour rejoindre Paris à l’heure des inondations en Ile-de-France, et un film qui passe du coq à l’âne, du documentaire à la fiction, comme on saute au-dessus des flaques. On y redécouvre le mot « mirliflore » et on termine par un plan de la Tour Eiffel, elle aussi les pieds dans l’eau. La Nouvelle Vague quand elle n’est encore qu’un cadet d’eau douce. On n’a jamais fait mieux. (Annonce: Recherche co-réal. pour « Une histoire d’eau deux » sur les inondations actuelles dans le Pas-de-Calais, bisous).

Je suis né à Calais en 1998, à la fin d’une séance de Titanic. C’est-à-dire que le bateau prenait l’eau quand ma mère perdait les siennes. Après dix-huit années passées parmi les mouettes de Boulogne-sur-Mer, je ressens un jour le besoin de tourner la page et d’évoluer vers des sphères intimes et professionnelles nouvelles. Entre une mère qui vend des soutiens-gorges et un père qui s’occupe des enfants tristes, c’est tout naturellement que je m’oriente vers le cinéma. Aussi, ma professeure d’option théâtre du lycée m’avait montré Elephant de Gus Van Sant et j’avais bien aimé.


Je prends donc un train pour descendre à Paris, mais je rate l’arrêt et me retrouve à Nîmes. J’y reste finalement quatre ferias et j’intègre une Classe Préparatoire aux Écoles de Cinéma. En 2018, je pousse les portes de l’ENS Louis-Lumière à Saint-Denis en section Cinoche et vis enfin le rêve de prendre la ligne 13 tous les matins.


Aujourd’hui diplômé et assistant caméra, je souhaite rester vivre parmi les pigeons de Paris et écrire des comédies qui font rire mes copains. En témoigne ce passif, à mon actif:
 Navigo en 2022 et Saint Lazare en 2023. Et à venir : Les fleurs bleues (mon premier film à la montagne !)


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