
Le Mouvement tragique des sphères
Simon Rieth
2026
1995, Elle découvre l’existence des sphères. 2024, Il cherche une trace de leurs passages. Une mère et son fils face aux secrets tragiques dont nous sommes les héritiers. D’une photo de classe à une prise de vue satellite, le récit d’une révélation.

rhizome
La matière visuelle de ton film est assez minimaliste, il repose beaucoup sur les voix off, à quel moment as-tu écris tes personnages, comment as-tu travaillé ces voix ?
Simon
C’est un film où la structure sonore s’est construite avant que les images ne soient posées. J’avais besoin de trouver le texte, les voix, le ton avant de m’attaquer à la matière visuelle. Au départ je travaille toujours avec ma voix que j’enregistre et que je cale comme référence, comme témoin. Durant le montage image je ne cesse de réécrire, d’affiner le texte. Il y a ensuite le travail d’enregistrement avec les comédiens, Noée Abita et Antoine Reinartz, que j’avais en tête dès le début. Noée car elle a une voix hors du temps, qui semble venir d’ailleurs, il y a aussi quelque chose de l’enfance dans sa voix et je trouvais ça intéressant qu’il y ait cette trace dans la voix de la mère. Antoine a une voix charismatique, une forte présence teintée d’une légère fragilité qui amène tout de suite une sorte d’empathie pour le personnage du fils.
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Ton film est formellement proche de ce qu’on appelle un « desktop movie », c’est à dire un film qui s’invente intégralement à partir d’un écran d’ordinateur. Faire des films sans tournage, c’est quelque chose qui te parle ?
Simon
Oui, énormément. J’ai l’impression que le cinéma peut naître partout, tout le temps, que la beauté peut se cacher dans n’importe quelle matière et que mon travail de cinéaste est de chercher. J’aime la liberté, le plaisir d’expérimentation que m’amènent les desktop movies, ce qui n’empêche pas que je continue à tourner des films avec une équipe, des comédiens.
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Tu utilises assez subtilement de l’intelligence artificielle pour modifier tes images. Comment te projettes-tu en tant que réalisateur avec les nouvelles technologies, vas-tu t’en emparer dans ton travail à l’avenir ?
Simon
Je me souviens du moment où Photoshop a fait sa mise à jour incluant l’IA pour ajouter/supprimer des objets dans des photos, j’ai tout de suite pensé que la possibilité du mensonge, du trucage était désormais dans les mains de tout le monde. Il n’y a plus besoin d’avoir la moindre connaissance technique pour transformer des images. Je trouvais ça intéressant d’utiliser cet outil, de me servir de l’IA pour faire un film qui parle de ce que les images nous cachent, de ce que nous ne voyons pas dedans. L’idée du secret, du mensonge, de ce qu’on refuse de voir est au cœur du film et je crois donc que ça fait sens. Néanmoins, je ne me verrai jamais faire un film en IA juste pour fabriquer des pures images de fiction. Ça m’intéresse si il y a un discours dessus, si le film questionne ça, sinon je ne comprends pas l’intérêt.
A 30 ans, Simon Rieth a réalisé plusieurs courts métrages sélectionnés et primés dans de nombreux festivals en France et à l’international : Feu mes frères, Saint Jean,Sans Amour, Marave Challenge, Mère voici vos fils et des clips musicaux pour SDM, Kompromat… Son premier long métrage, Nos Cérémonies (Summer Scars en anglais) fait sa première en compétition à la Semaine de la Critique (Cannes 2022), et est récompensé du Grand Prix à Neuchâtel, de l’Argent au BIFFF et du Prix du Meilleur Film à Rome (Alice Nella Citta). Ses derniers courts métrages, 6000 Mensonges et Le Mouvement Tragique des Sphères, ont été présentés en compétition au IFFR Festival international du film de Rotterdam en 2024 et 2026. Simon prépare actuellement son deuxième long métrage.









